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Et Paf, mon chef de projet est un protecteur !

Et Paf, mon chef de projet est un protecteur !

Le profil 8 de l’ennéagramme est le plus souvent appelé « Chef », mais ce terme a le mérite d’irriter par nature certaines personnes. Le terme « Protecteur » est plus positif, en tous cas dans la culture française.

Côté Jardin (forces)

Les personnes de profil 8, dit protecteur, sont à la recherche de justice et ont appris à se battre pour cela. Combattifs, ils aiment l’opposition et se confronter aux autres. Doués le plus souvent d’un certain charisme naturel, ils font preuve d’autorité, avec une facilité certaine pour le passage à l’action. Ils aiment s’appuyer sur des personnes dignes de confiance qu’ils ont pris le soin de tester en les confrontant et qui, alors, intègrent leur cercle de confiance et de protection. Bourrés d’énergie, ils sont infatigables pour atteindre leurs buts, avec une volonté d’y arriver et de contrôler leur environnement sans faille. Ils aiment les relations franches et directes, que les choses soient claires.

  • Adjectifs : En quête de justice, direct, fort, magnanime, assertif, confiant, intense, protecteur des autres et orienté sur l’action.

Côté Cour (limites)

Leur volonté de se montrer fort les fait parfois paraitre durs, surtout s’ils considèrent que la personne en face est faible selon eux. Volontiers agressifs pour tester la résistance de l’autre, ils sont souvent volontairement intimidant et peu soucieux des états d’âmes des personnes en face, en particulier si elles ne font pas partie de leur clan. Parfois un peu binaire – « Vous êtes avec moi ou contre moi », ils sont souvent impatients et pas toujours à l’aise face à des situations complexes ou politiques. Ces situations peuvent déclencher des colères fréquentes et fortes, mais vites oubliées par eux (mais pas par les autres). S’ils se sentent trahis, ils peuvent devenir très rancuniers et vous attendre des années « au coin du bois ».

  • Adjectifs : mais aussi parfois intimidant, impressionnant, excessif, exigeant, impatient, dominateur et impulsif.

Motivation principale :Voudraient être autonomes, prouver leur force et résister à leurs faiblesses, être importants dans leur monde, dominer l’environnement, et rester aux commandes des situations qu’ils vivent.

Convictions, formules préférées :  Je suis le plus fort, je résiste, je me bats.

La phrase qu’il ne dira sans doute jamais : Je suis faible…

Si je devais les résumer : Never complain, never explain (pas de jérémiades, pas d’explications).

Et boum, ils deviennent chefs de projets !

La bonne nouvelle, c’est que le projet va avancer et que l’équipe aura des directives claires, des décisions rapides et un certain niveau de sécurité. La mauvaise nouvelle, c’est que le management du chef de projet protecteur est parfois un peu direct, voire « cash » et un brin autoritaire.

Naturellement attiré par la conduite d’équipe, le profil protecteur fonctionne très bien dans les organisations et entreprises où l’on aime se « dire les choses », où il faut de l’engagement et ne pas faire sa « chochotte » selon eux. Ils vont se diriger assez naturellement vers des rôles d’encadrement, dont celui de chef de projet. Ils sont très efficaces pour organiser et distribuer le travail et faire tourner l’équipe. Surtout si c’est leur équipe avec laquelle ils vont créer des liens et des relations de confiance.

Mais, à un certain moment, leur évolution se heurte à deux problèmes :

  • D’une part, ils se heurtent aux organisations complexes et matricielles actuelles. L’équipe projet ne vit pas en vase clôt, par nature, où le protecteur règne mais sont beaucoup plus ouvertes et complexes. Cela rend leur fonctionnement au quotidien plus politique et permet moins à ce profil de chef de projet de jouer son rôle de protecteur. L’équipe projet, c’est poreux. Les équipiers ont souvent des comptes à rendre à plusieurs personnes, et pas uniquement au chef de projet. C’est compliqué à vivre pour ce chef de projet de composer sans arrêt.
  • Plus généralement, l’environnement est devenu très complexe et subtil, et il est bien difficile de faire le tri entre le blanc et le noir. Tout devient gris et politique, les réorganisations se succèdent, le sens se perd souvent. L’action n’est pas toujours LA réponse aux difficultés, il faut aussi savoir nager entre deux eaux, faire preuve d’un peu de sens relationnel, savoir perdre un coup pour en gagner deux autres ensuite. Cette approche n’est pas le fort du protecteur, surtout quand ce n’est pas lui qui tire les ficelles. Il est obligé alors de subir, ou s’il est une situation que le protecteur n’aime pas du tout : c’est subir et faire le gros dos.

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On fait quoi du coup ?

Les protecteurs ont une énorme qualité, c’est qu’ils sont énergiques et rapides, combattifs et pugnaces. Ils sont très capables de fédérer une équipe et ils aiment ce fonctionnement d’équipe. A condition toutefois de ne pas perdre la face car l’idée d’être en situation de faiblesse ou « d’humiliation » leur est in-ssu-por-ta-ble ! Lorsqu’ils parviennent à mettre un peu de nuances dans leurs jugements, et d’eau dans leur vin, ils deviennent de très bons chefs de projets, plus empathiques et politiques. Pour ma part, face à un chef de projet protecteur, je travaille sur 5 points :

  1. Je lui dis « Non  » et je le confronte car c’est le préalable à toute crédibilité de leur part,
  2. Je ne baisse pas la garde, rien n’est jamais acquis,
  3. Nous travaillons sur le ressenti des équipiers, leur perception,
  4. Nous apprenons à jouer les démineurs avec les stakeholders,
  5. Comment libérer l’énergie ou la colère autrement que sur les équipiers…Bon sujet!

Protecteurs, vous êtes adorables !

Avouer ses émotions, ce n’est pas être faible (au contraire)

Tout le monde n’a pas envie d’être confronté, restez zen…

Le monde est tout en nuances, et vous aussi…

Vos proches vont tellement aimer ça !

 

Vous avez un chef de projet perfectionniste ? C’est ici !

Ou bien Battant ?

Ou bien Altruiste ?

Ou bien Créatif ?

Ou bien Expert ?

Ou bien Loyaliste ?

Ou bien Epicurien ?

Zut, mon chef de projet est Epicurien !

Zut, mon chef de projet est Epicurien !

Souvent perçu comme une qualité, et bénéficiant d’une Aura plutôt positive dans la culture française, le profil épicurien est le 7ème profil personnalité de l’ennéagramme. Comme les autres profils, il n’est pourtant pas que forces. (suite…)

Gloups, mon chef de projet est Loyaliste !

Gloups, mon chef de projet est Loyaliste !

Le sixième profil de l’Ennéagramme est le plus souvent baptisé « Loyaliste » mais aussi parfois « Loyaliste/sceptique »! Ce dernier titre reprend mieux le caractère ambivalent du profil, souvent tiraillé entre confiance et doute.

Côté Jardin (forces)

Les personnes de profil 6, dit loyaliste, sont des collaborateurs fiables, organisés, qui font leur travail avec sérieux et constance, en assumant leurs responsabilités. Ils ne cherchent pas à faire un travail parfait comme les perfectionnistes, mais à le faire bien et en conformité avec les règles de fonctionnement du groupe de travail auquel ils appartiennent. Soucieux du bon fonctionnement de l’équipe, ils aiment travailler dans un cadre sécurisé, où les relations sont simples et bienveillantes, où les changements ne sont pas trop brutaux et où le responsable est reconnu, en particulier pour ses compétences et sa franchise. Il est fier de sa loyauté aux autres et en attend de même de ses collègues.

Adjectifs : Digne de confiance, loyal, responsable, fiable, chaleureux, bienveillant, bon collaborateur, analytique, persévérant.

Côté Cour (limites)

Leur relation ambivalente à la hiérarchie les rend parfois un peu soupçonneux et dans la projection de ce qu’ils croient comprendre des intentions du dirigeant. Ils peuvent devenir assez agressifs envers la hiérarchie, du moment qu’ils font partie du groupe qui s’y oppose. Souvent inquiets, ce sont des collaborateurs qui doutent d’eux, du groupe, de leur responsable. Parfois, ils prennent des décisions inappropriées et non rationnelles, sous la pression, ce qui peut les rendre imprévisibles. Si jamais, ils découvrent une trahison, un secret caché, ils le vivent mal.

 Adjectifs : mais aussi parfois trop axé sur le défi et/ou craintif, soit trop prudent ou trop preneur de risques, inquisiteur.

Motivation principale : Voudraient avoir la sécurité, sentir le soutien des autres, avoir des certitudes et être rassurés, tester les attitudes des autres envers eux, combattre leur anxiété et leur insécurité.

Convictions, formules préférées :  Attention ! Il faut être prêt à tout ! La vie est dangereuse. Tout peut arriver. Le pire est à venir.

La phrase qu’il ne dira sans doute jamais : Yala, pas de soucis, allons-y !

Si je devais les résumer : La confiance n’exclut pas le contrôle.

Et boum, ils deviennent chefs de projets !

La bonne nouvelle, c’est que l’analyse de risques du projet va être au top, avec des scénarios alternatifs et des plans de remédiation ! La mauvaise nouvelle, c’est que l’ambiance peut parfois être un peu stressante, genre la fin du monde est pour demain ! Ce ne sera pas serein…car le mode projet – on ne sait pas très bien d’où on vient, on ne sait pas très bien où on va… – n’est pas forcément la tasse de thé du Loyaliste.

Les loyalistes sont de bons professionnels quels que soit leurs métiers, capables de prendre des responsabilités ou de faire des boulots « ingrats » pour le bien de l’organisation, sans hésiter à mettre les mains dans le cambouis pour aider l’équipe. Ils vont néanmoins préférer les environnements stables, où les règles de fonctionnement du groupe sont connues, où l’avenir est assez prévisible. Ce sont de bons collaborateurs sur lesquels s’appuient les organisations qui n’hésitent pas à les nommer chefs de projets.

Mais, à un certain moment, leur évolution se heurte à deux problèmes :

  • D’une part, ils arrivent à des postes de management. Or conduire une équipe projet, ce n’est plus tout à fait faire partie de l’équipe. C’est une position plus exposée, avec une relation spécifique avec le sponsor. La relation à l’autorité ambivalente (j’en ai besoin mais je la challenge) du loyaliste lui pose également des problèmes quand il devient chef de projet. Il doute de lui ! A-t-il fait comme il fallait ? Faut-il forcer un peu la main aux équipiers projet sur cette décision ? Ces hésitations finissent par les rendre anxieux et indécis. Ce qui crée des tensions au sein de l’équipe qui, le plus souvent, veut juste que la décision soit prise et expliquée. C’est le boulot du chef de projet. De fait, le loyaliste n’aime pas trop porter la responsabilité de l’autorité, encore moins si le poste requiert une dimension politique.
  • D’autre part, l’environnement VUCA qui se développe crée des conditions changeantes, où les règles sont beaucoup plus floues qu’auparavant. Il faut s’adapter vite et les règles changent sans avoir toujours été clairement expliquées ou partagées. Le changement est anxiogène, il est rarement clair et laisse la place à une part d’interprétation importante. Pour peu que la conduite de projet devienne agile…Avec sa manie de voir le verre à moitié vide, les loyalistes se font des nœuds au cerveau parfois sans motifs réels. Le bon côté, c’est que si le pire arrive, le loyaliste est prêt, il a des scénarios de secours, élaborés certes dans la douleur et le stress, mais opérationnels.

On fait quoi du coup ?

Les loyalistes ont une énorme qualité, c’est qu’ils sont fiables et totalement engagés pour le groupe, à partir du moment où ils sont en confiance. Mais cette confiance se mérite et il leur faut des preuves tangibles, car ne pas respecter la parole donnée leur est in-ssu-por-ta-ble ! Une fois en confiance, sur eux et sur les autres, ils deviennent d’excellents chefs de projets, bienveillants, plus optimistes et positifs au quotidien, avec une relation à la hiérarchie et à la prise de risque plus posée.

Quand j’accompagne un chef de projet loyaliste, je travaille sur 5 points :

  • D’abord créer la relation de confiance entre nous (je dis ce que je fais, je fais ce que je dis etc.)
  • Sur la confiance en soi, en acceptant des feed-backs positifs (en donner mais surtout en recevoir)
  • En valorisant ce qui a été fait par l’équipe (un peu de célébration ne nuit pas)
  • En travaillant avec un sociogramme sur les enjeux des acteurs (prise de hauteur)
  • En partageant les doutes en équipe de projet (c’est mieux que de se faire des films..)

Loyalistes, vous êtes adorables !

Faites confiance, c’est reposant! Il y a tant de gens supers sur terre…

Regardez le verre à moitié plein !

Les gens sont pleins de nuances ! Comme vous !

Vos proches vont tellement aimer ça !