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Zut, mon chef de projet est Epicurien !

Souvent perçu comme une qualité, et bénéficiant d’une Aura plutôt positive dans la culture française, le profil épicurien est le 7ème profil personnalité de l’ennéagramme. Comme les autres profils, il n’est pourtant pas que forces.

Côté Jardin (forces)

Les personnes de profil 7, dit épicurien, disposent d’une grande énergie et d’un enthousiasme communicatif. Ils ont l’art de se rendre sympathique, de créer de bonnes et agréables conditions de travail au sein d’un groupe. Souvent pleins d’humour et fin connaisseurs de blagues en tous genres, ils sont également capables d’improviser assez facilement en toutes situations. Très appréciés, optimistes, ils aiment passer de bons moments entre amis, ou profiter des joies de l’existence, avec toujours de nombreux projets en cours ou en tête. Très curieux, ils ont un avis sur tout et ont touché à de nombreuses activités.

  • Adjectifs : Optimiste, enthousiaste, charmant, bienveillant, exubérant, spontané, joyeux, recherchant de nouveaux possibles, le plaisir et l’aventure, synthétique, intellectuellement vif.

Côté Cour (limites)

La volonté de profiter des plaisirs de l’existence avant tout leur fait éviter les situations d’engagement ou les situations pénibles. Parfois considérés comme superficiels ou bien « brasseurs de vent », ils ont toujours de nombreux scenarios en tête mais ont parfois du mal à aller au bout de leurs projets, dès que la moindre contrariété ou activité « barbante » se profile à l’horizon. Si leur énergie est très communicative, elle cache aussi souvent une souffrance ou une anxiété réelle face à la vie, bien dissimulée sous un masque jovial. Ils ont également du mal à prendre des décisions, car choisir c’est fermer une porte et donc s’engager un peu plus dans l’option choisie.

  • Adjectifs : mais aussi parfois évite la souffrance, inconsidéré, éparpillé, fuyant, impétueux, centré sur lui et autoritaire.

Motivation principale :Voudraient maintenir leur liberté et leur joie, éviter de rater des expériences qui en valent la peine, rester excités et occupés, éviter et soulager la douleur.

Convictions, formules préférées :  C’est fun ! Super ! Célébrons !

La phrase qu’il ne dira sans doute jamais : C’est la Cata !

Si je devais les résumer : Le clown triste.

Et boum, ils deviennent chefs de projets !

La bonne nouvelle, c’est que le projet va être joyeux et que vous allez « célébrer » à tous va, team building ludique et bon restaurant à la clé. La mauvaise nouvelle, c’est que le projet risque de partir dans tous les sens, avec des idées brillantes et variées, mais surtout de quoi faire perdre pied à la plupart des équipiers et stakeholders…Il y également un risque d’essoufflement lors de la période de ‘tunnel » du projet, celle où tous les problèmes sont connus mais où le projet n’a encore rien à montrer de bien « sexy ».

La facilité de contact et la bonne humeur des épicuriens les conduits dans des métiers où la monotonie n’est pas de mise. Ils préféreront les domaines de la communication, de l’évènementiel ou du marketing aux travaux arides de recherche ou de comptabilité. De fait, leur capacité à entrainer un groupe, leur créativité certaine, leur facilité d’improvisation dans des situations tendues font merveille dans bien des domaines et en particulier comme chefs de projet.

Mais, à un certain moment, leur évolution se heurte à deux problèmes :

  • D’une part, une carrière professionnelle impose de choisir une certaine logique dans sa construction. Être bon en tout, c’est n’être bon à rien. A un certain moment, l’épicurien doit choisir une voie, comme les projets, et s’y tenir dans la durée s’il veut progresser. Accéder à des projets plus importants suppose une certaine constance dans le temps et de faire face aussi aux cotés difficiles et ingrats de la conduite de projets, de savoir les gérer avec sérieux et engagement. Choisir une voie, c’est donc condamner toutes les autres et toutes les possibilités alléchantes de ces voies. « Choisir, c’est mourir un peu » selon André Gide, or l’épicurien ne veut pas mourir.
  • D’autre part, conduire une équipe projet et faire preuve d’empathie, c’est être capable d’entendre la souffrance de l’autre. Tous les problèmes ne se résolvent pas par la fête ou une bonne soirée entre équipiers projet. Le chef de projet épicurien doit faire face aux souffrances ou difficultés de ses équipiers, ce qui le revoit à la sienne. Accepter de ne pas aller bien et que les autres n’aillent pas bien, c’est un préalable à une écoute réelle. C’est aujourd’hui une capacité relationnelle recherchée. Elle correspond à une certaine profondeur de relation entre les personnes, également à une certaine introspection personnelle.

On fait quoi du coup ?

Les épicuriens ont une énorme qualité, c’est qu’ils sont optimistes et créatifs, capables d’entrainer un groupe avec eux. Tout au moins, tant que tout va bien. Mais l’idée d’être prisonnier d’une activité désagréable ou douloureuse, sans options, leur est in-ssu-por-ta-ble ! Une fois en capacité à gérer cette souffrance, ils deviennent d’excellents chefs de projets, à l’écoute, capables de jouer sur le tableau de l’empathie réelle et de l’énergie positive et contagieuse.

Quand j’accompagne un chef de projet épicurien, je travaille sur 5 points :

  • D’abord, on va casser une croute ensemble. C’est agréable pour nous deux, et c’est un bon axe de développement pour moi !
  • J’organise notre travail avec des séances brèves, et avec des activités variées. Sur la communication par exemple puis sur les risques.
  • Je travaille sur le cycle de vie du projet. Le démarrage est la partie la plus excitante, mais ensuite…
  • Qui peut l’aider à donner de la structure au sein de l’équipe ? Pour qu’un minimum de cadre soit en place.
  • Je travaille aussi sur les attentes des acteurs, dont le sponsor. Ils peuvent avoir des idées derrière la tête, autant y réfléchir assez tôt. Tous ne sont pas des enthousiastes…

 

Epicuriens, vous êtes adorables !

Qui trop embrasse mal étreint ! Engagez-vous, construire est une joie aussi !

Une seule chose (ou deux) à la fois, vous verrez, ça paye !

Le bonheur est une conséquence, pas un but. Profitez de ce que vous avez déjà !

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